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Monk-E et deux dames l'interrogeant sur son art

Monk-E et deux dames l'interrogeant sur son art

Photo: Tomy Grenier



18 décembre 2007
« Cet avenir est à nous » : Les jeunes ont-ils une place en Mauricie ?
par Tomy Grenier

Que ce soit au sein des directions d'entreprises, d'organismes sociaux ou dans la politique, en passant par les centrales syndicales, les têtes grisonnantes sont majoritaires. À tel point que plusieurs d'entre elles se demandent s'il va y avoir de la relève tout en soutenant (même si elles soutiennent) que la porte est grande ouverte pour les jeunes. Mais du côté des jeunes, certains croient que la porte n'est pas si ouverte... Les jeunes ont-ils cette place qui doit leur revenir ? C'est la question qui était lancée pour ouvrir le débat, organisé au parc portuaire de Trois-Rivières qui se tenait le dimanche 26 août dernier dans le cadre du Festival Urbain de Trois-Rivières (FUTR).

Animé par Josée Bourassa, le débat a commencé avec une présentation improvisée de Monk-E, porte-parole officiel du FUTR. Ce dernier invite les jeunes à prendre leur place plutôt que de favoriser le clivage intergénérationnel. Pour y arriver, il s'agit de briser cet individualisme et cette dualité entre les générations.

Le débat est lancé. On soulève le point que pour les jeunes aient leur place, ceux-ci doivent avoir un sentiment d'appartenance envers leur communauté. La recette à cette appartenance serait un amalgame entre la disponibilité de ressources et de services pour les jeunes (centres communautaires pour jeunes mais aussi intergénérationnels, services d'aide, une place dans les instances, etc.), et leur implication dans la communauté et la société en général.

Ce qui s'est le plus dégagé des premières interventions, c'est l'implication des jeunes. Par exemple, un certain acteur politique présent1 affirme que les jeunes doivent prendre leur place et que la porte en politique leur est grande ouverte. Selon lui, les manifestations ne sont pas nécessaires pour se faire entendre.


On répond dès lors à cette intervention en soutenant qu'il n'y a rien d'intéressant et stimulant dans les conseils administratifs pour les jeunes. Les jeunes doivent être entendus, mais aussi écoutés. Certains soutiennent qu'une des difficultés pour les jeunes de s'impliquer est précisément qu'ils ne sont pas entendus. C'est-à-dire que si leurs idées ne cadrent pas avec celles des élus et des aînés, elles sont alors rejetées et ne se concrétisent que rarement. C'est à ce point qu'ils se décourageraient.

En réponse, on invite les jeunes à utiliser les « machines » du système politique. Quelques questions se posent : sont-elles disponibles et accessibles pour eux ? Savent-ils comment s'en servir ? Leur a-t-on appris ? Les instruments peuvent être disponibles, mais encore faut-il avoir le mode d'emploi et comme dans tout métier, l'apprenti a besoin d'un maître, quelqu'un d'expérience pour le lui apprendre.

N'y aurait-il tout simplement pas un problème de compréhension, voire de communication, entre les jeunes et les aînés ? Plutôt que de se bouder, les jeunes comme les moins jeunes doivent s'intéresser l'un à l'autre et tisser des liens entre eux.

« Pour se comprendre, il faut d'abord se parler. »

Voilà ce qui s'en tire comme première conclusion. On propose d'abord qu'il y ait plus d'espace (s) public (s) où les jeunes peuvent se parler entre eux, mais surtout où ils peuvent échanger avec les plus âgés qu'eux. Des discussions qu'ils auraient entre eux sans besoin irrémédiable de spécialistes pour parler à leur place. Et finalement, l'animatrice propose aux jeunes de prendre le temps de s'asseoir avec les aînés et de les questionner. Et que ces derniers fassent de même avec les jeunes.

Quelques passants se sont arrêtés durant ce débat et plusieurs y sont restés jusqu'à la fin. Plusieurs thèmes ont été soulevés : la culture, l'environnement, la société, les médias, l'entreprenariat, le changement social, l'engagement et l'implication, et j'en passe. Les organisateurs et organisatrices de cet événement sont donc satisfaits du débat. « S'il y a une personne qui a écouté, c'est déjà ça! » Il y en avait effectivement plus d'une. Sur le chemin du retour, un détour s'imposait. Que ce soit à la scène ensoleillée par les danses africaines où les enfants dansaient avec des plus vieux qu'eux, que ce soit des adultes qui encourageaient, les jeunes dans les rampes et les plates-formes de « skate », ou tout simplement, des dames âgées qui s'interrogeaient sur l'art visuel d'un jeune graffiteur, on aurait dit que tous s'étaient donnés le mot au port de Trois-Rivières; il y a bel et bien de l'espoir.

Y a-t-il une place pour les jeunes en Mauricie ? Cette place, ils la prendront si les aînés leur donnent, et si, bien entendu, ils font les efforts pour la prendre. En faisant fi du cynisme et en délaissant le « boudage » entre les générations, les liens entre eux et la place des jeunes se renforceront. La société se portera ainsi mieux et sera nécessairement beaucoup plus dynamique.

    Références :
  • 1- Cette personne n'est volontairement pas nommée afin de rester objectif.



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Dernière mise à jour : 06-02-2008 à 00 h 11