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Liberté ou libéralisme économique Photo: Tomy Grenier (montage) 15 mai 2007 Liberté : à quel prix? par Felipe Antaya Au niveau du commerce et des industries, le secteur privé croît de plus en plus au détriment du secteur public. Cependant, on peut se demander pourquoi ce secteur croît à ce point? Ce phénomène n'est pas uniquement attribuable aux entreprises elles-mêmes. Évidemment, le secteur privé grandit car il se fonde sur le libéralisme économique et politique. En fait, la définition de ces doctrines (tirée du Petit Larousse 2004) signifie doctrine économique de la libre entreprise, selon laquelle l'État ne doit pas, par son intervention, gérer le libre jeu de la concurrence tout comme elle signifie une doctrine politique visant à limiter les pouvoir de l'État au regard des libertés individuelles. Ainsi, les entreprises privées peuvent proposer sur le marché les produits qu'elles veulent sans être contraintes d'une réglementation quelconque. Les consommateurs sont alors heureux car ils peuvent se procurer toute sorte de produits selon leurs besoins. De plus, ces entreprises peuvent agir comme bon leur semble face à leurs compétiteurs, c'est-à-dire qu'elles peuvent, selon leur importance, faire de la convergence, contrôler les prix, contrôler le marché (offre et demande), etc. Encore une fois, la clientèle est comblée car, dans un même endroit, elle peut obtenir des produits diversifiés et peu coûteux. Ces façons de faire permettent donc aux entreprises de prendre tous les moyens en leur pouvoir pour croîtrent considérablement. D'ailleurs, pour ceux qui déplorent le fait que les entreprises privées occupent désormais trop de place dans le marché économique, il faut leur faire remarquer que cet essor n'est pas uniquement attribuable à ces entreprises. En effet, tout comme celles-ci, les individus ont également une certaine liberté. Ils sont donc libres d'acheter ou de ne pas acheter les produits offerts sur le marché. Alors, comment peut-on se plaindre de la libéralisation du commerce lorsque nous allons encourager les multinationales qui offrent sur le marché des produits utiles pour certains mais majoritairement inutiles pour les autres. En fait, il ne faut pas s'attendre à ce que les Wal-Mart et les McDonald 1 de ce monde offrent de bonnes conditions de travail ou soient plus «gauchistes» si les gens donnent leur accord à leur mode de fonctionnement. En effet, il ne s'agit pas d'aller manifester devant chacune de ces entreprises pour dénoncer leur procédure. Par contre, le simple fait de ne pas aller consommer chez ces détaillants ferait une énorme différence. Évidemment, il est beaucoup plus profitable pour une personne à faible revenu d'aller chez Wal-Mart où elle trouve trois chandails pour 9,99$ et ensuite dîner chez McDonald, qui se trouve dans le même établissement, pour 3,99$. Toutefois, par cet agissement, le problème est que ces gens donnent leur cautionnement à ce que la société soit régie selon les règles du libéralisme économique et politique, ce qui peut éventuellement occasionner certains problèmes. En effet, les entreprises privées agissent selon les principes du libéralisme, donc elles sont libres, tout comme les individus qui achètent le sont également. Toutefois, il est à mon sens impossible qu'une société puisse fonctionner dans un cadre où la liberté est propagée à ce point ou de cette façon. Car présentement, il ne s'agit pas de la Liberté avec une grand «L», mais plutôt de la liberté accompagnée d'un grand «$». En fait, l'argent permet à certains d'agir plus librement que d'autres tandis que ceux qui n'en ont pas sont coincés à l'intérieur du système «libre» mais imposé par les plus riches. Ainsi, je comprends que les familles à faible revenu soient contraintes d'acheter chez les détaillants qui offrent des produits peu coûteux car il s'agit des seuls à offrir des prix aussi bas et que ces familles ont peu de moyens. Cependant, ces détaillants n'étaient pas les seuls au départ à offrir de si bas prix, mais au fur et à mesure que les gens les ont encouragés, ils ont pu offrir des produits à des prix déloyaux, en se regroupant entre compagnies agissant de la sorte (convergence) et en contrôlant le marché. Il s'agit alors d'un cercle vicieux. Donc, sans dénoncer la liberté, peu importe sa forme, car il s'agit à mon avis d'une valeur essentielle de notre société, il est tout de même nécessaire de faire la part des choses entre ma liberté et le fait d'imposer ma liberté aux autres, ce qui réduit considérablement la liberté d'autrui.
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