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Dimanche le 14 janvier 2007
La justice sociale... Noir sur blanc seulement
par Benoit Simard

Les inégalités sociales persistent encore et toujours au Québec. Il y a une majorité de citoyens de plus en plus pauvres et une minorité de citoyens de plus en plus riches. Ces derniers n'ont rien à faire des classes inférieures qui ont à peine assez de revenus pour se nourrir convenablement, se vêtir et se loger. Malgré l'existence d'une loi (112) qui vise à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale et qui après lecture est supposée répondre à ces trois besoins primaires, le problème n'est toujours pas résolu. Bien sûr la loi précise que le gouvernement en place se donne 10 ans dès l'entrée en vigueur de cette dernière pour résoudre cette crise, mais s'en est bien assez de ces délais à en plus finir, il faut que ça change. Les citoyens veulent plus que des promesses d'actions, mais l'application réelle de mesures concrètes. Et que ce soit n'importe quel parti politique, jusqu'à preuve du contraire, aucun d'eux « ne porte les culottes » de la VRAIE justice sociale.

Actuellement, le salaire minimum est à 7,75$ de l'heure, et l'on nous a promis une augmentation jusqu'à 8,00$ d'ici quelques mois. En tout évidence, c'est insuffisant. Un individu qui gagnera 8,00 $ à chaque heure d'efforts terminera l'année avec 16 640 $ brut, à raison de 40 heures de travail par semaines. Après avoir payé tous les comptes, les factures d'épiceries, les multiples dépenses pour les enfants, et plusieurs autres dépenses personnelles et imprévues, que restera-t-il de ces quelques dollars? Sans compter que nous vivons dans une société où on nous impose même un coût pour une vie sociale, selon des « normes » établies dans une logique, « plus tu consommes et plus tu es heureux mon ami ! ». Certes, il s'agit d'un simple calcul qui ne considère pas tous les facteurs d'aide au revenu, mais le problème c'est que pendant que quelqu'un gagne ce salaire, d'autres empochent 100 000$, 200 000$ et même plus pour une seule année. Quel est donc le vrai problème : la rigueur de l'analyse ou cette inégalité évidente ?

Ce qui laisse le règlement de ce véritable fléau de société, et de beaucoup d'autres, à la traîne, c'est que les élus qui sont supposés trouver des solutions ignorent ce que c'est que de vivre quotidiennement en situation de pauvreté. Ils font souvent le double du double de ce que peut gagner une personne au salaire minimum. Que l'on pense au Parti Libéral du Québec, à l'Action Démocratique du Québec et même au parti supposément promoteur de la « sociale démocratie », soit le Parti Québécois, aucun d'eux n'a le moindre souci pour la misère d'une proportion grandissante de Québécoises et Québécois. Les politiciens fédéraux, soit ceux du Bloc Québécois, du Parti Conservateur et du Parti Libéral, sont évidemment dans le même bain idéologique. Est-ce qu'un député, dans le cas de la politique fédérale par exemple, qui gagne en moyenne 130 000 dollars par années1 (et même un peu plus...), réfléchi à des solutions de redistribution de la richesse alors qu'il risque lui même de perdre plusieurs plumes en favorisant l'égalité des chances?

L'humain en veut toujours plus, et il est facile d'oublier les gens défavorisés quand on organise des soupers de financement pour notre parti politique à 100$ le couvert2. Vous ne trouvez pas qu'une activité de ce genre manque un peu de cohérence avec le titre de la loi dont je vous parle3 ? Que ce soit le Bloc ou le pape qui ait mis cette loi sur pied, elle existe et dans ce sens, voici ce qu'on peut lire au point 11 du document disponible sur le site Web du gouvernement du Québec 4:

« Les actions prises afin de favoriser l'engagement de l'ensemble de la société doivent permettre la mobilisation d'intervenants représentatifs de la collectivité québécoise. À cette fin, ces actions doivent notamment:

1¬? favoriser la participation citoyenne, particulièrement celle des personnes
en situation de pauvreté et d'exclusion sociale et des organismes qui les
représentent;‚Äù

Bien qu'un souper bénéfice n'ait peut-être pas pour objectif principal le débat sur les différentes questions politiques, il faut considérer que cela serait une bonne façon d'intégrer des citoyens actuellement écartés, ne croyez-vous pas? Malheureusement, la participation citoyenne semble être réservée aux fins palais, et aux portefeuilles très épais.

L'espoir de régler ce perpétuel « déséquilibre fiscal » interne, réside en une vision plutôt humaine de percevoir les 6 ou 7 millions de têtes qui peuplent le territoire québécois, c'est-à-dire vous et moi. Que l'équipe chargée de trouver une solution, qu'elle soit de gauche, de droite, d'en bas, d'en haut ou en diagonale, laisse tomber le bonbon préféré de tous nos petits parlementaires cravatés, le néolibéralisme. Sinon, comment voulez-vous que des hommes et des femmes luttent contre la pauvreté et l'exclusion sociale, en louangeant des dieux comme le capitalisme, l'individualisme, la propriété privée, la libre entreprise ou pour résumer, le profit avant le citoyen5. C'est à nous tous d'y réfléchir et à vous de réagir à cet article...

    RÉFÉRENCES :
  • 1. Confirmer par un membre du Bloc Québécois, comté de Saint-Maurice - Champlain.

  • 2. Vins et Fromages organisé par le Bloc Québécois à l'automne 2006, servant à financer les activités du parti. Confirmer par un membre de ce parti.

  • 3. Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale

  • 4. http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=%2F%2FL_7%2FL7.htm

  • 5. Antidote - Logiciel d'aide à la rédaction du Français – Synonymes du mot «néolibéralisme»



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Dernière mise à jour : 06-02-2008 à 00 h 11