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Parlement d'Ottawa Photo: Vincent Biron 16 août 2007 Kyoto ou le péril économique par Guims À l'intérieur du rapport, on avise de certaines conséquences fâcheuses qui pourraient mettre en péril l'économie du pays. On prédit ainsi que le prix de l'essence augmenterait de 60 %, que 275 000 emplois disparaîtraient et que le taux de chômage augmenterait de 25 %. Tout cela, en moins d'un an. Si la source exacte dudit document n'est pas spécifiée, chose rassurante, des experts de tout azimut en ont évalué son contenu. Soulignons notamment l'étroite collaboration d'un avocat en droit de l'environnement du Réseau Action Climat Canada, M. Don Drummond. Plusieurs regroupements verts auraient souhaité la poursuite des objectifs envers Kyoto et ce, malgré le large retard pris par le pays. Le Canada, qui devait réduire de 6 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à son niveau de 1990, dès 2008, les a plutôt augmentés de 26,6 %. De nouvelles cibles, plus raisonnables selon le gouvernement Harper, ont récemment été présentées aux entreprises canadiennes. Ainsi, le nouveau plan de match conservateur consiste à stabiliser les émissions de GES d'ici 2010, puis de les réduire de 150 millions de tonnes d'ici 2020. Une « diminution de 20 % par rapport à nos émissions d'aujourd'hui », simplifie une note gouvernementale. Appuyant ces nouvelles règles de jeu, Dave MacInnis, spécialiste en termes de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), croit que les investisseurs ne devraient pas êtres découragés par les nouvelles mesures proposées, puisque le gouvernement conservateur propose une flexibilité intéressante et demeure ouvert au dialogue. Quant aux entreprises certifiées ISO 14000 - soit celles ayant volontairement introduit des normes élevées en management environnemental, elles seront récompensées pour leurs efforts par des exemptions exceptionnelles. Au plan politique, certaines réactions vis-à-vis de ce soudain vire capot de la part du Canada, un ancien leader du protocole de Kyoto, ont été entendues. C'est le cas du Premier ministre du Royaume-Uni qui estime que les cibles fixées par le gouvernement fédéral canadien ressemblent désormais beaucoup à celles établies par son propre gouvernement. Rire vert dans un monde à l'envers Vous l'aviez compris. Ce faux article était un exercice de politique-fiction. Si les données, les noms et les citations sont véridiques, tout ce qui y est raconté est faux. Pas exactement. Tout ce qui y est raconté est la réalité, mais inversée. La logique aurait voulu que ce soit le ministre responsable de l'industrie qui fasse part de ses inquiétudes face aux répercussions économiques néfastes qu'engendrerait le projet de loi C-288. La logique aurait aussi voulu qu'il y ait des experts des trois différents secteurs du développement durable (économique, social, environnemental) de concertés afin d'évaluer plausiblement l'avenir de Kyoto. Cependant, la réalité nous indique que M. Baird n'est pas ministre de l'industrie, mais bien ministre de l'environnement. La réalité nous indique aussi que le rapport sur lequel repose les inquiétudes du ministre, de source totalement inconnue, a été endossé par cinq économistes de même acabit ; M. Drummond est le vice-président du groupe financier Toronto Dominium. Les nouvelles règles de jeu imposées par le gouvernement fédéral dans sa lutte contre les GES ralentiront considérablement les objectifs initiaux du désormais célèbre protocole. À ce rythme, prédit Matthew Bramley, un chercheur de l'Institut Pembina d'Ottawa, « le Canada ne pourra pas atteindre les objectifs de la première période de Kyoto avant 2022 ou 2023 ». Il s'agit donc d'un léger retard de 15 ans. Bien entendu, Dave MacInnis, qui applaudit chaudement ces nouveaux objectifs, n'est pas un expert en RSE, mais le président de la Canadian Pipeline Energy Association. Et la réalité nous indique que ce ne sont pas les entreprises qui ont pris un virage vert qui seront exemptées du nouveau plan, mais bel et bien le secteur des sables bitumineux de l'Alberta pour lequel on espère même « une croissance rapide »1. Finalement, la réalité nous indique que ce n'est pas le Premier ministre de la Grande-Bretagne qui encourage le gouvernement canadien a y aller « molo » dans sa lutte aux GES (car de leur côté de l'océan, les Britishs, fiers initiateurs de la révolution industrielle, ont déjà réussi à diminuer de 14,3 % leurs émissions de GES par rapport à 1990), mais le Premier ministre de l'Alberta qui a affirmé que ces nouveaux objectifs étaient plus dans ses cordes. Il faut rappeler, encore et encore, que l'Alberta, qui n'abrite que 10% de la population canadienne sur son territoire, est responsable de 42% de la croissance des GES du pays. Ô Canada, les économistes orientent Kyoto. Ô Canada, les pollueurs reçoivent des exemptions. Et si, afin de poursuivre cette délirante expérience de monde à l'envers, on confiait l'administration du ministère de l'industrie, de la banque Toronto Dominium, des industries pétrolières et de la province de l'Alberta aux écolos ? Y'en a qui rirait vert.
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