30867 visiteurs
Culture Économie Environnement Politique Société


Des voitures électriques?

Des voitures électriques?

Photo: Annick Picard



15 août 2007
Des voitures électriques sur nos routes: ça se peut.
par Tomy Grenier

Avec le FUMARD (SMOG) qui se fait de plus en plus fréquent et le prix du pétrole qui est en hausse perpétuelle, la recette y est pour que tous s'entendent et se questionnent sur ce qu'on peut faire pour pallier ces deux phénomènes. Plusieurs organismes et groupes de pressions tentent de nous convaincre par mille et un moyens d'apporter des solutions et parfois même de nous convaincre à changer certaines de nos plus fortes habitudes.

Certains proposent d'opter pour un nouveau moyen de transport comme le transport étendu en commun. D'autres préconisent une diminution progressive par le covoiturage. Ces deux méthodes sont très efficaces pour pallier nos deux problèmes environnemental et économique. Mais, ils demandent un changement que plusieurs d'entre nous n'arrivent pas à faire; soit par manque d'organisation, manque d'effectifs ou tout simplement par lâcheté. Pourtant, une autre solution existe depuis la fin des années 1890 : la voiture électrique.

Histoire de la voiture
La voiture a vu le jour au tournant du XIXe siècle. D'abord à vapeur, le véhicule à propulsion évolue jusqu'à la fin de ce siècle. Pendant ce temps, d'autres troquent le charbon et l'eau (vapeur) pour du gaz d'éclairage, ensuite du pétrole et, plus tard, pour du carbure de pétrole (essence). Le moteur à explosion était né. C'est ainsi qu'à la fin du XIXe siècle, une course entre concepteurs de voitures prend son envol. Qui fabriquera la voiture la plus rapide ?

C'est le Belge Camille Jenatzy qui fut le premier à dépasser le cap du 100 km/h (105,88 km/h). Et savez-vous quoi ? C'était avec une voiture électrique : « La Jamais Contente ». Effectivement, depuis les années 1890, l'électricité attirait de plus en plus les ingénieurs. Cette technologie semblait prometteuse. Toutefois, l'électricité n'était pas disponible en quantité suffisante et les véhicules devaient s'alourdir d'un équipement d'accumulateurs (de batteries). Les concepteurs grands publics délaissèrent alors ce type de motorisation et se tournèrent donc vers le pétrole et l'essence qui semblaient être en quantité inépuisable et facile à entreposer.

100 ans plus tard, devant la pénurie de cette ressource qui semble approcher et surtout devant les conséquences sur le climat auquel cette invention fait partie des responsables, la voiture électrique refait surface. L'idée, vous vous en doutez, est de trouver une nouvelle ressource aussi abondante et sans effet sur le climat. Différentes alternatives aux moteurs à explosion sont alors au plan des idées ou directement en prototype, voire sur la route : pile à combustible, le moteur à l'hydrogène, à l'énergie photovoltaïque (solaire) à air comprimé, au biogaz et/ou au gaz naturel, la motorisation hybride, le moteur-roue, etc.

Au Québec, et ailleurs en Amérique comme dans le monde, la voiture hybride gagne du terrain. On pense rapidement à Honda avec l'Insight, à Toyota avec la Prius, à Chevrolet avec la Volt, à Ford avec l'Escape Hybrid et plusieurs autres. La plupart des concessionnaires offrent au moins un modèle avec la technologie hybride. Souvent on nous parle de voiture électrique en parlant de voiture hybride. Il est important de faire une distinction puisque ce sont plus souvent qu'autrement des véhicules qui fonctionnent avec des moteurs à essence d'abord et pour la majeure partie du temps. Il y a certainement une diminution des émissions de polluants (carbone), mais rien d'assez considérable pour avoir un impact majeur sur le climat (réchauffement climatique).

Quelques modèles
La vraie voiture électrique existe bel et bien, mais pas chez les concessionnaires en sol américain. On retrouve d'abord les voitures électriques vendues au grand public de l'autre côté de l'Atlantique; en Europe. Plusieurs modèles et types de véhicules électriques sont disponibles : à 2, 3 et 4 roues.

En Suisse et en Italie, E'mobile offre par exemple la Twingo Quickshift Elettrica1 qui a une autonomie jusqu'à 130 km, pouvant atteindre une vitesse maximale de 120 km/h, et qui peut accueillir jusqu'à 3 passagers. Cette même entreprise offre également des véhicules utilitaires comme un chariot à grande plate-forme2 avec toutefois une autonomie (50 km) et une vitesse moindre (20 à 60 Km/h).

En France, Renault offrait jusqu'en décembre 2006 la Kangoo électrique, mais l'entreprise s'est tournée vers le marché spécialisé des entreprises. Donc, les seules voitures disponibles sont les véhicules d'entreprises (par exemple, La Poste en France) ou les véhicules d'occasion. Néanmoins, elle parvenait à rouler 100 km/h avec une autonomie de 100 km environ.

La compagnie Fiat offre quant à elle la Doblo électrique, cette mini-fourgonnette à l'Européenne offre un modèle pouvant atteindre 120 km/h, avec une autonomie de 100 km et ce, avec 5 passagers. Un autre modèle s'offre aussi avec une vitesse maximale d'environ 80 km/h pour une autonomie de 150 km et autant de passagers.

Et au Québec ?
Terre connue du « patenteux » et du génie électrique, le Québec n'est pas si loin de ces pays. D'abord, tous ont déjà entendu parler de l'auto électrique qu'Hydro-Québec « aurait » vendue. C'est la fameuse histoire du moteur-roue. Malgré que l'idée persiste comme légende urbaine, cette technologie n'est pas vendue : elle dort sur la tablette pour l'instant. Cependant, Hydro-Québec via sa filiale TM4 s'est affiliée avec des Européens pour produire la Cleanova II. Empruntant la carrosserie d'un modèle Kangoo, cette auto familiale de style mini-fourgonnette réduite (version 100% électrique) permettait avec sa première version à 5 passagers de rouler jusqu'à 120 km/h et pouvant atteindre une autonomie d'environ 200 km (en ville). Grâce à TM4, cette voiture est dorénavant disponible avec un système hybride à dominante électrique ayant une autonomie beaucoup plus efficace et qui est digne du nom de véhicule électrique hybride.

Une autre ingéniosité québécoise : la Silence PT2. Vous connaissez les motos tricycles T-Rex ? En fait, la Silence PT2 en est la version électrique. Elle peut atteindre une vitesse au-delà de 200 km/h et a une autonomie qui varie entre 200 et 400 km3.

Plusieurs modèles surtout disponibles en Europe sont développés depuis quelques années. Une majorité d'entre eux s'apparentent à la SMART, mais en version électrique comme l'YDEA, la Porter et l'OSCAR (Open Source CAR). Cette dernière est une fabrication Allemande. Elle a une autonomie de 100 à 300 km et peut atteindre 130 km/h. Deux grands adultes ou 1 adulte et 2 enfants peuvent y siéger. En plus de se brancher à même le courant de la maison, elle peut s'alimenter jusqu'à environ 20 000 km par année grâce à une installation photovoltaïque de 10m2 (panneau solaire)4. Parlant de panneau solaire, l'équipe de l'ETS ont fabriqué un modèle (Eclipse V) monoplace qui est alimenté que par l'énergie solaire et qui atteint jusqu'à 140 km/h.

Auto sport ?
Les amateurs de voitures performantes peuvent aussi se réjouir. À titre d'exemple, la Tesla Motors Roadster peut atteindre une vitesse supérieure à 200 km/h et une autonomie allant dépasser le 320 km5.

Bref, il existe bien d'autres modèles qui ont été omis afin d'alléger le texte; il y aurait matière à en faire un dossier complet. Mais avec ces modèles, il ne faut rien de plus pour nous convaincre de la faisabilité et de l'utilisation possible de cette technologie. Il ne manque plus que la volonté politique, celle des entreprises d'ici et celle bien sûr de nous tous en tant que consommateurs. Grosso modo, nous parcourons aller/retour près de 15 km pour se rendre au travail. Environ 10% des travailleurs qui ont à se déplacer parcourent plus de 25 km6. Donc de façon générale, tous pourraient facilement se munir d'un des modèles mentionnés pour tous leurs déplacements nécessaires. Il ne reste plus maintenant qu'à attendre les dénouements de cette technologie. D'ici là, les véhicules hybrides restent l'alternative la plus rapidement abordable. MAIS gardons en mémoire qu'en dépit des véhicules personnels, le transport en commun (urbain et interurbain) reste la façon la plus écologique et la plus durable de se véhiculer.


Imprimer l'article Ajouter un commentaire
1/5 2/5 3/5 4/5 5/5
?/5
Imprimer Commentaires Coter le texte


COMMENTAIRES (0)

Il n'y a aucun commentaire pour ce texte pour l'instant.


© 2007-2008. Tous droits réservés aux auteurs et au Brûlot. Veuillez prendre notre que seuls les auteurs sont responsables des propos et des informations soutenus dans leurs écrits. Le site est optimisé sur Firefox, Mozilla, Netscape et Safari. Internet Explorer ne répondant pas aux standards, il se pourrait que vous rencontreriez des erreurs.
Dernière mise à jour : 06-02-2008 à 00 h 11