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Photo à venir... 15 août 2007 Dans le même moule par Felipe Antaya À tous ceux qui clament haut et fort l'achat dans les entreprises locales (Québec) plutôt que chez les grandes entreprises multinationales devraient peut-être se raviser. En effet, « achat local » n'est pas nécessairement le pendant d'« achat équitable ». La comparaison qui suit démontre qu'une entreprise typiquement québécoise peut présenter plusieurs similarités avec une compagnie impérialiste comme Wal-Mart. À titre d'exemple, voici une comparaison entre ce modèle en matière d'entreprise néolibéraliste et une société québécoise bien connue : le Groupe Jean Coutu. Cependant, avant d'établir les comparaisons, je tiens à préciser que ce texte n'a pas pour but d'encourager les entreprises impérialistes, mais bien de mettre un bémol sur l'emphase qui est mise sur l'achat local. Ce qui est dénoncé dans ce texte est plutôt le modèle économique préconisé par ces deux grands détaillants. On peut d'abord constater la similitude entre ces deux entreprises car Jean Coutu, tout comme Wal-Mart, ont des visées impérialistes. Jean Coutu, à la base établi au Québec, est désormais le plus important groupe pharmaceutique d'Amérique du Nord avec ses 320 établissements1, acquis entre autres, grâce à l'achat du groupe pharmaceutique Eckerd. Ses activités commerciales desservent maintenant le Québec, le Nouveau-Brunswick, l'Ontario et le nord-est des Etats-Unis. Ainsi, Jean Coutu peut être comparé à Wal-Mart, entreprise américaine à la base. Cette dernière, grâce à l'achat de chaînes de magasins à rayons, dont Woolco, compte aujourd'hui 1300 succursales2 réparties dans 9 pays différents. Évidemment, même si un groupe comme Jean Coutu n'est établi que dans deux pays, comparativement à neuf pour Wal-Mart, chacune de ces entreprises fonctionne selon les mêmes politiques économiques. Leur déploiement sur un très grand territoire leur permet d'avoir un pouvoir d'achat plus imposant, et de ce fait, ils sont en mesure d'offrir des prix plus bas que leurs compétiteurs. Par le fait même, elles contribuent à la fermeture de petits détaillants qui sont incapables de survivre à cette compétition. Ainsi, les Jean Coutu et Wal-Mart de ce monde sont en mesure de contrôler la distribution de certains produits de même que les prix au détail puisque leur mode d'action ont fait en sorte qu'ils sont, soit les seuls à les offrir, ou encore, les seuls à les offrir à un prix aussi bas. Ces deux entreprises sont également similaires au niveau de leur approche envers leur clientèle En effet, tant chez l'une ou l'autre, il semble très important de répondre de façon personnelle aux besoins de leurs clients. Sur le site Internet de Jean Coutu par exemple, on mentionne clairement l'importance d'une « écoute active des besoins de la clientèle »3, alors que sur le site de Wal-Mart, on mentionne qu'il faut offrir « un service personnalisé à chaque endroit »4. Ainsi, ces deux géants axent leurs produits et leurs services en fonction de la personnalité de chaque individu. Évidemment, il n'y a rien de mesquin dans cette procédure. Elle permet simplement de s'approprier une clientèle puisqu'un client recevant un service sur mesure en fonction de ses besoins est un client heureux, et un client heureux sera fidèle à une entreprise qui lui a procuré ce sentiment de bonheur. D'ailleurs, aux dires de ces deux entreprises, cette procédure n'est pas effectuée en fonction de leur profit personnel, mais bien en fonction du mieux être de tous et chacun. Elles sont donc extrêmement altruistes ! Et oui, le Groupe Jean Coutu croit même qu'en offrant des produits et des services professionnels de la plus haute qualité et en agissant de manière responsable comme employeur et partenaire, il « contribue au mieux-être des individus et au développement de la collectivité »5. Quant à Wal-Mart, leurs procédés seraient dignes de mention car ils contribuent au bien-être des individus ainsi qu'à la productivité sociale puisqu'ils offrent aux consommateurs un « large éventail de produits et services en un seul point de vente »6. Bref, selon les portes paroles de ces deux géants, magasiner dans leur grande surface ne peut que nous être personnellement bénéfique. Quoiqu'il en soit, comme je l'ai mentionné d'entrée de jeu, loin de moi était l'idée de dénigrer, tant Jean Coutu, Wal-Mart ou l'ensemble des commerçants locaux. C'est pourquoi le point essentiel de ce texte était de démontrer qu'il ne faut pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Ainsi, même si certaines entreprises sont bel et bien de chez nous, elles peuvent être aussi néfastes pour une économie locale que peut l'être un géant comme Wal-Mart. En fait, ce qui pose problème, c'est plutôt le modèle économique qu'utilisent les deux détaillants mentionnés plus haut, entre autres, par leurs politiques du prix le plus bas ou de distribution de produits, ce qui rend presque impossible la survie de petit détaillant dans cette jungle de la vente à tout prix. En somme c'est la diversité des détaillants qui fait qu'une économie est saine et viable !
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