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Forêt québécoise Photo: Annick Picard Jeudi le 15 mars 2007 La forêt du Québec est un coffre rempli de ressources ! par Jean-François Desjardins Le Québec vit présentement une sévère crise forestière englobant tout son territoire. Je vous propose donc différentes alternatives envisageables afin de pallier aux problèmes reliés à l'activité forestière et d'espérer un avenir économique forestier plus prometteur pour le Québec. Se tourner de plus en plus vers les produits de 2e et de 3e transformations est, entre autre, une solution. Également, la forêt québécoise comporte d'autres ressources, outre la matière ligneuse (bois de l'arbre), et c'est maintenant le temps de prendre davantage celles-ci en considération. Effectivement, ces ressources, dites non-ligneuses (comme les feuilles, les racines, l'écorce, les résines, les champignons, etc.) renferment un potentiel économique important, c'est donc à nous de s'investir afin de les exploiter et de les gérer de façon durable. Il ne suffit pas seulement de commercialiser ces ressources, mais également d'en assurer la pérennité. La créativité, l'audace et le positivisme doivent converger afin de connaître du succès, surtout quand nous constatons que depuis le mois de mai 2005, 130 usines ont dû fermer entraînant la perte d'environ 10 000 emplois. Prenons en exemple M. Robert Beauregard, professeur au département des sciences du bois et de la forêt de l'Université Laval, qui projette une idéologie intéressante vis-à-vis les produits de 2e et 3e transformations de la matière ligneuse. Il suggère une exportation à grande échelle de maisons pré-fabriquées, ce qui impliquerait donc la construction en usine de toits, de planchers et de murs selon des modèles personnalisés choisis par des constructeurs et des développeurs québécois. Tout cela étant par la suite transporté sur le continent par camions et par conteneurs en Europe. Cette façon de faire aurait pour conséquence la création d'emplois. Plusieurs produits forestiers non-ligneux pourraient être aussi économiquement rentables. Tout le monde connaît les produits de l'érable, c'est-à-dire le sirop, le beurre et la tire. Mais saviez-vous que, tout comme l'érable lors de sa montée de sève au printemps, le bouleau blanc (Betula papyrifera) produit de l'eau pouvant être transformé en sirop¬†! Ce produit, qui se retrouve déjà sur le marché de certains pays d'Asie et d'Europe du nord, pourrait être produit ici au Québec et commercialisé sur notre continent, tout comme le fait présentement l'Alaska. Surtout quand nous pensons à la grande quantité de bouleaux que nous avons dans nos forêts et qui est majoritairement exploitée pour le bois de chauffage. Il importe de mentionner que le bouleau blanc est également récolté présentement au Québec pour la production de bâtons de popsicle. Effectivement, c'est l'usine John Lewis située à La Tuque qui produit ceux-ci. La sève du bouleau blanc est également utilisée pour produire du vin et pour la conception d'une bière. On retrouve aussi dans notre forêt québécoise plusieurs baies, noix et fruits sauvages pouvant être récoltés et ensuite commercialisés ! Il est possible de profiter de cette ressource et d'accéder à un marché. Le ministère des ressources naturelles du Québec fait preuve d'initiative vis-à-vis cette exploitation. En effet, il offre un programme visant à permettre l'aménagement de bleuetières de type forêt/bleuets sur les terres du domaine de l'État sous aménagement forestier. C'est-à-dire que les bleuetières mises en production occupent un espace sur lequel des bandes d'environ 60 mètres de largeur sont réservées à la culture intensive du bleuet nain et qui sont séparées par des corridors boisés d'environ 42 mètres de largeur où est pratiqué un aménagement forestier intensif. De même, la cueillette de champignons pour des fins gastronomiques est une autre activité, destinée plus particulièrement aux commerçants de la fine cuisine, qui pourrait prendre une ampleur économique plus important au Québec. Il ne faut pas oublier que plusieurs essences forestières comportent des tannins (substances chimiques complexes solubles dans l'eau présentes dans les feuilles, les fruits, l'écorce, le bois, les racines ou les galles de nombreux arbres et plantes) utiles à la fabrication d'huiles essentielles pour des fins thérapeutiques, aromatiques et esthétiques. Les huiles essentielles du cèdre (Thuya canadensis), par exemple, sont utilisées pour combattre le rhume. Aussi, la gomme de sapin (Abies balsamea) est commercialisée sous forme de capsule afin de combattre la grippe et pour ses effets antibactériens et cicatrisants sur les blessures. Que dire de l'if du Canada (Taxus canadensis) qui contient du paclitaxel, de même que d'autres composés chimiques étroitement reliés (taxanes), utilisés pour lutter contre plus de 20 maladies cancéreuses (dont le cancer du sein) et non cancéreuses. Tous ces exemples de produits de 2e et 3etransformations et d'exploitation de produits forestiers non-ligneux doivent être considérés de façon plus sérieuse afin de contrer la crise forestière qui sévit présentement au Québec. Ce ne sont pas là des solutions absolues qui doivent prendre la place de l'exploitation de la matière ligneuse, mais bien des alternatives pouvant améliorer la situation économique de l'activité forestière du Québec.
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