| 30882 visiteurs |

Phoques de la Côte-Est Photo: Micheline Bisson Dimanche le 14 janvier 2007 Contribution économique ou agression sauvage ? par Felipe Antaya La chasse aux phoques se fait depuis près de 3000 ans. Cette activité économique a même favorisé, en partie, le développement du Nord-Est de l'Amérique au dix-huitième siècle. Toutefois, cette pratique semble barbare à certains niveaux et c'est pourquoi quelques gouvernements la rejettent alors que d'autres, au contraire, la favorise. C'est d'ailleurs le cas du gouvernement canadien qui met l'accent sur la chasse aux phoques pour des fins commerciales. Ainsi, le bref historique qui suit parlera par lui-même. En fait, lors de la fin du dix-huitième siècle, plusieurs chasseurs européens sont venus s'installer sur les côtes de Terre-Neuve afin de chasser le phoque pour en faire le commerce. Ce faisant, environ 27 000 phoques furent tués à cette époque.1 Un peu plus tard, au début du dix-neuvième siècle, le nombre de captures augmenta à 100 000 par année puisque la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui détenait alors le monopole de la traite des fourrures au Canada, favorisait ce commerce. Si bien qu'un demi siècle plus tard, le nombre de prises haussa à 740 000 par an. Le principal produit tiré du phoque, mis à part la peau, était l'huile qui était envoyée en Angleterre, entre autre pour l'alimentation des lampes, la lubrification, la cuisson, la fabrication de savon ou encore le traitement du cuir. Cependant, à cette époque, la chasse restait saisonnière puisque les bateaux étaient en bois et qu'il était difficile d'affronter la température glacière du nord. Ainsi, au début du vingtième siècle, avec l'avènement des navires en acier, le nombre de captures de phoques pût croître à environ 250 000 à 300 000 par année. En 1971, le gouvernement canadien introduisit un quota sur le nombre de capture faisant en sorte que pas plus de 120 000 à 200 000 prises pouvaient être effectuées au Canada par année. De plus, une loi fut introduite aux États-Unis en 1972, la US Mammal Protection Act, qui interdisait l'importation de produits de phoques aux États-Unis. La communauté économique européenne abonda également dans le même sens en 1983, bannissant l'importation de phoques blanchons et de dos bleus en Europe. Ces deux actions portées par l'Europe et les États-Unis contribuèrent ainsi à faire chuter la demande de phoques canadiens et, en moyenne, 52 000 phoques par an seulement furent tués entre 1983 et 1995. Par ailleurs, de son côté, le gouvernement canadien interdit la chasse commerciale des blanchons et des dos bleus en 1987 de même que la chasse aux phoques avec les gros bateaux. Il imposa également un total admissible de capture (TAC) de 250 000 prises par an en 1996, pour ensuite le faire augmenter à 975 000 en 2003-2004. Ainsi, la population de phoques recensée au Canada selon le département des Pêches et Océans Canada est de 5,8 millions, soit le triple de celle de 1970. D'ailleurs, selon le département, la chasse aux phoques représente un apport important à plusieurs niveaux pour le pays. En effet, comme il le dit sur son site Internet, le phoque est une ressource naturelle durable et très importante pour la côte Atlantique. De plus, grâce à la capture du phoque, les chasseurs peuvent obtenir un revenu de qualité. Ainsi, ces derniers peuvent subvenir à leurs besoins tout comme ils peuvent agir à titre de pourvoyeur familial car uniquement pour la peau, les chasseurs peuvent obtenir un montant de 52 $, ce qui représente une hausse de 18 % comparativement à l'année 2004.2 Le département des Pêches et Océans avance également que la chasse aux phoques est excellente pour le PIB canadien. D'abord grâce aux revenus considérables des chasseurs, mais aussi car la chasse aux phoques contribue à la création d'emplois connexes. Ainsi, de nombreux emplois sont créés dans le traitement des peaux, le traitement des huiles, etc. En somme, le gouvernement canadien encourage la commercialisation de la chasse aux phoques puisqu'elle permet la création de nombreux emplois tout comme parce qu'elle est très rentable vu la valeur marchande des produits dérivés de cet animal comme la peau, l'huile ou la viande. Cependant, en fouillant plus loin, on peut se rendre compte que malgré la rentabilité du commerce de la chasse aux phoques, le département des Pêches et Océans ne fait pas mention des atrocités dans lesquelles ces phoques sont tués. En effet, il n'indique pas que la majorité des phoques tués n'ont pas encore atteint l'âge d'un an et que lorsqu'ils sont tués, le geste est fait sauvagement (encore faut-il qu'ils soient tués car un bon nombre ne sont que blessés et décèdent ultérieurement de façon atroce). En fait, la plupart des chasseurs ne font que prélever le cœur, les nageoires ou le pénis du phoque, laissant les carcasses gisantes dans leur sang sur les banquises pour ensuite revendre leur produit sur le marché asiatique qui seul reste ouvert à ce commerce.3 De plus, le gouvernement canadien permet la chasse aux phoques sous prétexte que ceux-ci, se nourrissant de poissons, sont trop nombreux et font diminuer les ressources aquatiques du pays faisant souffrir par le fait même le commerce de la pêche. Donc, la chasse aux phoques au Canada a un long historique. Même si au départ ce commerce était fait par des Européens, ce dernier est maintenant très implanté chez les Canadiens eux-mêmes. Toutefois, le problème avec cette procédure n'est pas le commerce des produits du phoque mais plutôt la façon dont ces derniers sont tués. D'autant plus qu'avec la façon dont s'effectuent les échanges économiques mondiaux actuellement, il ne faut pas s'attendre à ce que le gouvernement intervienne davantage en légiférant ce commerce.
|
© 2007-2008. Tous droits réservés aux auteurs et au Brûlot. Veuillez prendre notre que seuls les auteurs sont responsables des propos et des informations soutenus dans leurs écrits. Le site est optimisé sur Firefox, Mozilla, Netscape et Safari. Internet Explorer ne répondant pas aux standards, il se pourrait que vous rencontreriez des erreurs.