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Symboles de l'homosexualité Photo: Tomy Grenier 14 juillet 2008 Le mariage homosexuel : La législation fédérale ne fait pas l’unanimité par Felipe Antaya En vertu de la loi C-38 loi sur le mariage civil, l’union entre deux personnes de même sexe est maintenant légal au Canada depuis 2005. Et en raison des nouveaux enjeux canadiens, le débat entourant cette loi est sombré dans l’oubli, mais dans les faits, certains souhaiteraient abolir cette législation. Évidemment, ceux qui ont défendu cette loi prétendent que ce genre d’alliance a sa raison d’être car les homosexuels ont le droit de se marier au même titre que les hétérosexuels. Ainsi, Gilles Duceppe et Jack Layton, respectivement chefs du BQ et du NPD, considèrent notamment que la reconnaissance de ce type d’union a fait progresser la société au niveau de la démocratie.1 Selon eux, la Chartre canadienne des droits et liberté était autrefois bafouée lorsque le droit au mariage n’était pas reconnu pour les personnes du même sexe. Pourtant, la liberté d’union était un droit enchâssé dans la Chartre -donc valable pour tous les Canadiens- alors il devait s’appliquer à tous, peu importe leur orientation sexuelle. Quant au Parti libéral du Canada, il est divisé sur la question du mariage gai. En fait, son statut de gouvernement minoritaire en 2005 l’a placé dans une situation délicate et il s’est résigné à appuyer la loi C-38 pour qu’en contrepartie l’opposition appui son projet C-482. Dans son cas, l’enjeu était davantage politique qu’idéologique. Par ailleurs, d’autres regroupements se sont vivement opposés à cette législation sous prétexte que de telles unions allaient à l’encontre de la nature humaine. L’Assemblée des évêques du Canada par exemple est catégorique à ce sujet: le mariage est le fait d’un homme et d’une femme. Plus encore, les alliances hétérosexuelles doivent être promues car seulement elles sont naturelles et permettent la procréation. Cette assemblée souhaite donc que les partis politiques fédéraux reformulent la définition du mariage civil qui n’est présentement pas acceptable selon elle. À ce titre, elle reçoit l’appui du Parti conservateur du Canada. En effet, dès l’adoption du projet de loi sur le mariage civil, leur chef Stephen Harper a clairement indiqué vouloir rouvrir le débat entourant cette épineuse question. À l’instar des évêques, il croit que l’union entre deux personnes du même sexe n’est pas naturelle et nuit au développement de la société3. D’une part, parce qu’elle ne permette pas la reproduction et d’autre part, même si un couple homosexuel adopte un enfant, ce dernier ne grandira pas au sein d’un modèle familial adéquat. Ainsi, il n’aura pas les bases d’une famille normale et manquera certains éléments familiaux et sociaux. Un débat loin d’être terminé Présentement, sur la scène politique fédérale canadienne, aucun des principaux partis ne se démarque réellement. Ainsi, malgré leur ligne de pensées parfois très arrêtée, ils ne dévoilent pas toutes leurs idées de peur de froisser certains électeurs. De surcroît, des enjeux beaucoup plus pressants sont à l’ordre du jour, comme le réchauffement climatique et la défense nationale. Alors, même si le Parti conservateur du Canada possède le pouvoir, son statut de gouvernement minoritaire n’est pas propice au débat sur le mariage homosexuel. Se lancer dans une telle aventure pourrait l’amener dans un bourbier qui lui ferait perdre des électeurs. Cependant, force est d’admettre qu’en devenant majoritaire, le parti de Stephen Harper prendrait le risque de modifier la loi C-38 qui ne rime pas avec les valeurs conservatrices du parti. Dans un tel cas, il aurait le pouvoir du nombre pour appuyer un tel projet. De plus, il aurait l’appui du clergé car en dépit des récents signes d’ouverture de l’Église, le haut clergé demeure catégorique : le mariage est l’apanage d’un homme et d’une femme et a fortiori, est contre nature. L’Église pourrait aussi se servir de cette tribune pour faire vibrer les cordes sensibles de certains Québécois qui n’ont pas nécessairement perdu les valeurs cléricales implantées depuis si longtemps. Les audiences publiques de la commission Bouchard-Taylor en sont la preuve. En somme, avec le conservatisme politique, social et économique qui triomphe et les traces du catholicisme qui sont plus difficiles à exorciser qu’on ne le croyait, bien téméraire celui qui pourrait prédire le dénouement d’un tel débat. 1. Nicholas Dugay, « Le mariage gai. Le parlement dit oui », L’Actualité, juin 2005, tiré de Radio-Canada, http://www.radio-canada.ca/nouvelles/actualite/nouvelles/200506/29/002-mariage-ACTU.shtml, visité le 08/06/2008 2. Sylvain Larocque, « Le Bloc réclame un engagement écrit des libéraux sur le mariage gai », La Presse canadienne, 21 juin 2005, Tiré de Égale Canada, http://www.egale.ca/index.asp?lang=F&menu=1&item=2458, visité le 08/06/2008 3. Ibid |
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