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Le Parlement de Québec Photo: Nicholas Lupien Dimanche le 14 janvier 2007 La démocratie: le pouvoir au peuple d'élire une dictature. par Tomy Grenier Cela fait déjà quatre ans que le Parti Libéral du Québec (PLQ) est au pouvoir. Pour fêter cela, rappelons-nous brièvement ce qu'ils ont fait depuis. D'abord, une campagne au slogan qui disait "Nous sommes prêts". En fait, qui était prêts ? Et prêts à quoi ? Si le « Nous » incluait l'ensemble de la population québécoise, nous devrions nous demander si « Nous » étions réellement prêts à recevoir ces six bâillons : du 17 décembre 2003, 14 décembre 2004, 21 mars 2005, 15 décembre 2005, 12-13 juin 2006 et, dernièrement, celui du 13 décembre 2006 ? Des bâillons? Sur le site de l'Assemblée nationale qui se doit d'informer la population, on nous explique vaguement qu'un bâillon est «une clôture, une procédure qui permet à la majorité de limiter la durée d'un débat ou d'y mettre fin.» On a ainsi communément redéfini le terme "bâillon" qui, à l'origine, signifiait «un objet introduit de force dans la bouche d'une personne pour l'empêcher de parler ou de crier.» Or, cette dernière définition est davantage porteuse de la signification politique de ce mot. En fait, on utilise généralement le bâillon au Parlement pour adopter des lois malgré que les partis de l'opposition soient en désaccord et, donc, pour taire l'opposition et accélérer le processus lorsqu'il est pressant d'agir. Normalement, on a alors recours au bâillon lorsque l'État est en état d'urgence. Et, à moins que nous soyons dans une région d'exception, le Québec n'était pas, et n'est toujours pas, en situation où l'on devait agir de façon aussi pressante. Tout commence suite aux élections du 14 avril 2003, où le PLQ prend les rênes du pouvoir au Québec. Déjà imbu de l'idée de partenariat public-privé (PPP), le gouvernement Charest lance l'idée de reproduire l'exemple de l'Université Concordia, sur les établissements d'éducation du Québec en appuyant le financement par des contributions privées. Entre-temps, les libéraux entrevoient de dégeler les frais de scolarité. Rapidement, cette mesure qui consiste à l'augmentation de ces frais ébranlera l'accessibilité à tous à une éducation post-secondaire. En quelques mots, ceux qui possèdent des moyens financiers plus élevés y auront accès, les autres, devront s'endetter ou s'abstenir. On élève donc les inégalités des chances. Quelques mois et quelques manifestations plus tard, les mesures draconiennes se poursuivent : une série de six coups de force. Caractéristiques de ce gouvernement, ces six coups de force se résument tous brièvement par la privatisation (sous-traitance PPP, Mont-Orford, hippodromes, assurance privée pour des soins médicaux), l'anti-syndicalisme, la centralisation des pouvoirs et la hausse des inégalités (coûts des services). On doit aussi se remémorer les hausses de prix d'Hydro-Québec, le projet du suroît avorté par une pression surtout sociale et qui s'est résulté en un investissement dans la centrale de Gentilly, et aussi les coupures dans la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) et dans Télé-Québec. Et ceci, sans discourir de l'attitude entêtée du gouvernement libéral de ne point vouloir discuter avec les groupements concernés dans tous ces enjeux. Or, à travers ces décisions auxquelles on nous dit prêts et en accord, avez-vous l'impression que votre opinion a compté dans ces décisions politiques ? Sentez-vous, d'abord, que ces projets vous ont bien été expliqués et vulgarisés outre que dans leur jargon ? La démocratie au Québec se résumerait donc en une grande parade politique pour donner un minime droit au peuple d'élire ses dirigeants. Pour ce qui est de s'informer sur les enjeux réels, d'avoir les outils nécessaires à l'exercice de son droit ou tout simplement de sentir qu'il peut réellement participer aux décisions et aux changements à apporter dans sa société, le citoyen québécois n'a autre que le «mass-média» pour lui exposer que quelques facettes des enjeux. Mais aucun de ces derniers vulgarise la matière de fond en comble. La démocratie est alors faite pour les politiciens et la politique est présentée pour ceux qui s'y connaissent déjà. Pour la travailleuse et le travailleur, pour les parents débordés par la vie familiale et pour tous ceux et celles qui en sont suffisamment pris par le cours de leur vie, la chose politique leur est généralement inaccessible. Bref, en plus de ne pas être écoutés, nous devons faire face au vide d'informations et de compréhension de ce qui nous touche ; voire même à une désinformation par le mauvais traitement de l'information, le choix des nouvelles, l'accent qu'on y met ou la priorité qu'on leur accorde. On nous demande une cotisation (une contribution) par les taxes et les impôts, et nous n'avons aucun droit, ni opinion, ni pouvoir, quant à ce que les élites font avec cet argent. La démocratie sert à l'élite politique et, comme on l'a vue avec les coups de force mentionnés ci-dessus, elle peut être supprimée et contournée au plaisir des dirigeants. Est-ce donc dire que la démocratie est une parole de grands parleurs petits faiseurs ? Qu'elle est plus belle en théorie qu'en pratique ? Chose certaine, le Québec tout entier doit faire un débat sur sa démocratie. Références: 1. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/lexique/b/index.html#baillon |
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