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Militantisme par la manifestation

Militantisme par la manifestation



14 juillet 2008
Le militantisme au féminin: une Québécoise exceptionnelle.
par Sandy Antaya

Nous, les personnes des générations X et Y sommes souvent incultes par rapport au militantisme, c’est-à-dire l’action de défendre nos idées et convictions. Le mot militant vient d’ailleurs du latin militis qui signifie soldat. Nous ne connaissons pas ceux qui se sont battus jadis pour gagner des batailles sociales et politiques qui nous donnent la liberté avec laquelle nous vivons aujourd’hui. En tant que femme, j’ai eu envie de vous parler d’une grande méconnue du Québec en comparaison à son mari.

D’abord, rare sont ceux âgés entre 18 et 35 ans qui connaissent Simonne Monet-Chartrand. Par contre, son mari, Michel Chartrand est connu d’un plus grand nombre puisqu’il a initié le mouvement syndical au Québec. Cette grande dame est issue d’une famille qui ne manquait de rien. En effet, son père fut juge et député. Dès son adolescence, elle tenait un journal où elle dénonçait avec vigueur ses mécontentements par rapport à ce qui se passait sur la scène politique du temps. Le premier pas qu’elle a fait vers le militantisme a été de joindre les rangs de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne en 1937. Ce mouvement a été créé pour aider les jeunes à entrer dans la société. Il consiste en un lieu de rencontre où les jeunes peuvent s’exprimer à leur guise et même, débattre sur divers sujets. Deux ans plus tard, elle se joindra à la lutte pour le droit de vote puisque les femmes n’ont toujours pas ce droit au Québec. Elles l’obtiendront d’ailleurs l’année suivante. Par la suite, elle se consacrera à ses études en lettres pour les trois années suivantes. En 1942, elle devra se retirer en quarantaine pour combattre la tuberculose.
Son prochain combat, bien que personnel, influence les femmes d’aujourd’hui. Elle tombe en amour avec un homme d’une classe de la société inférieure à la sienne. Elle doit alors livrer une lutte contre ses propres parents afin d’épouser cet homme, Michel Chartrand. Finalement, suite à la rédaction d’une lettre expliquant son choix, elle l’épouse malgré tout. Un abbé, ami du couple, bénira ce mariage. Son prochain cheval de bataille sera la crise de la conscription. Pour cette lutte, elle joint les rangs du Parti populaire ; un parti politique fondé pour lutter contre la conscription de la Deuxième Guerre Mondiale. Dans les années 50, elle mettra sur pied un comité de secours pour venir en aide aux femmes et familles des premiers grévistes du Québec en vue de la création des syndicats. En 1966, madame Monette-Chartrand participe à la fondation de la Fédération des femmes du Québec qui vise à défendre les droits des femmes et à lutter contre toutes discriminations ou injustices. Elle sera conférencière lors de l’expo 67 à Montréal. Ensuite, elle œuvra indirectement pour le gouvernement canadien, en écrivant des mémoires qui seront dirigés vers la commission d’enquête sur la condition féminine de 1968. Elle voyagera vers les pays scandinaves pour étudier le féminisme ailleurs dans le monde.

Toutes ces causes auxquelles elle se relie depuis sa jeunesse ne font qu’un en fait. Elle rêve d’un Québec socialiste. L’année 1970 sera marquée par la crise d’octobre. Son mari, qui défend les mêmes opinions, sera alors emprisonné. Elle le soutiendra par des lettres tout au long de son emprisonnement. Mère de 7 enfants, rien ne l’arrête. Elle travaillera à la création de programme d’enseignement et sera active au sein du syndicat des enseignants du Québec. De plus, elle est, à ce moment, membre active du Parti Rhinocéros. Ce parti à pour slogan de ne jamais tenir ses promesses. Il a, bien évidemment, été mis sur pied pour faire un pied de nez à la politique. Bref, prouver que ce que les politiciens promettent et font, c’est bien différent. Elle tiendra plusieurs conférences pendant l’année de la femme en 1975. Vers la fin des années 70, elle retourne aux études à Concordia alors que ces enfants ne sont plus à la maison et devient écrivaine. Elle publie quelques ouvrages sur sa vie et le féminisme durant les années 80. Sa dernière bataille sera la plus douloureuse sans doute, c’est celle contre un cancer généralisé. Elle nous a quitté, entouré de son homme, le 18 janvier 1993. Elle a choisi de mourir dans la dignité à la maison.
Suite à son décès, une télésérie sera créée en l’honneur de son couple : Simonne et Chartrand. Ses ouvrages sont bien sûre toujours vivants. Elle aura grandement participé au bien-être des femmes. Elle aura aussi initié la bataille contre l’équité salariale qui dure toujours.

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Dernière mise à jour : 06-02-2008 à 00 h 11