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<I>Pour de vrai</I>

Pour de vrai

Photo: Felipe Antaya



Jeudi le 15 mars 2007
Connaissez-vous François Avard ?
par Felipe Antaya

La littérature québécoise de «matante» ou encore les oeuvres américaines traduites en 22 langues n'ont pour la plupart rien d'extraordinaire. Malgré tout, il y a moyen de trouver de bons auteurs littéraires au Québec. Connaissez-vous François Avard ? Il s'agit d'un auteur surprenant qui possède un style d'écriture bien à lui et dont les parutions ainsi que les champs d'activités sont méconnus.

Ayant à la base une formation en création littéraire ainsi qu'un baccalauréat en enseignement du français, Avard participe à plusieurs projets d'écriture humoristique pour des humoristes comme Louis-José Houde, Martin Matte, et j'en passe. En fait, il s'est lié à ces derniers car il enseigne également l'écriture humoristique à l'École Nationale de l'Humour depuis 1992. De plus, Avard est dans l'ombre de certaines émissions télévisées qui connaissent un succès très appréciable. Il adapte les scénarios français de Caméra Café pour le Québec tout comme il scripte, en partie, des émissions au style diversifié tel que 3 X rien, Annie Brocoli, C.A., Ramdam, Bob Gratton, et le Les Bougons.

Simplement avec ce qui est mentionné ci-dessus, vous pourriez dire qu'il travaille avec acharnement mais pourtant, ce Maskoutain est aussi romancier à ses heures. En effet, il a jusqu'à maintenant écrit quatre œuvres littéraires : Esprits de bottine (Guérin, 1991), Les Uniques (Guérin, 1993), Le Dernier Continent (Les Intouchables, 1997) ainsi que Pour de vrai (Libre Expression, 2003).

D'ailleurs, son dernier roman figure parmi ma liste de lecture. J'aimerais bien vous faire part de mon appréciation de cet ouvrage afin vous inciter à le lire. Il s'agit d'un roman à caractère autobiographique, un «reality book», où Avard se met lui-même en avant-scène. Toutefois, au fur et à mesure que l'histoire progresse, on embarque tellement dans le personnage qu'on fini par oublier qu'il s'agit de François Avard lui-même. C'est à s'y méprendre, mais finalement on y croit : il s'agit bien de la vie de l'auteur !

Tout d'abord, Avard nous annonce son plan d'action pour la rédaction de son roman : rencontrer certaines personnes qui marquèrent son existence il y a vingt ans, et les anecdotes qui en sortiront constitueront l'essentiel de son roman. Vous vous en doutez bien, même la personne la plus imaginative n'aurait pu deviner le dénouement de ses rencontres, et le récit nous démontre bien que la réalité peut facilement venir nous «péter» en pleine face.

Quoiqu'il en soit, le roman est raconté dans une simplicité que seul cet auteur peut avoir. Il n'est pas rempli de blagues, mais plutôt de situations cocasses qui m'ont fait rire (voire même qui m'ont donné des fous rires durant de longues minutes). Par exemple, lorsque François s'apprête à monter sur le toit de sa maison pour le réparer, sa blonde, Bibi, lui lance :
- «pourquoi t'appelles pas ton père? [...]
-Ton père à fait sa toute sa vie, monter dans des échelles.»1
Et de répondre François :
- «Justement. J'espère qu'à 60 ans, mes enfants ne m'appelleront pas pour que je leur écrive des gags.»2

D'autres situations laissent plutôt voir le style incisif de Avard puisque, directement en début d'un chapitre, on peut y lire :
«- ça manquait de sodomie.
-Quoi? Qu'est-ce que tu veux dire?
-Dans la production du mois passé. De la sodomie. ça manquait.»3

Ah oui! J'avais oublié de le mentionner, Avard est également scripteur pour Érotico Mag et cet extrait fait référence à un entretient qu'il a avec son patron. Alors, comme lecteur, c'est surprenant, mais lorsqu'on comprend la situation : c'est hilarant!

Par ailleurs, d'autres anecdotes, qui auraient pu me soutirer une larme, ont su me faire sourire. Comme lorsqu'il décrit sa rencontre avec la mère de son souffre-douleur du secondaire. C'est touchant, mais toujours raconté dans le style unique qui caractérise Avard. Vous voyez le genre?

Donc, dans l'ensemble, il s'agit d'un roman très divertissant qui nous permet de découvrir davantage François Avard, mais qui nous permet aussi de constater qu'il ne faut pas fouiller trop loin dans le passé. Certaines choses se sont produites avec des gens qui partageaient notre parcours de vie, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, mais cela n'implique pas qu'elles le partageront à jamais. En fait, ce qui importe, c'est de vivre le moment présent, entouré de gens qu'on aime.

    Références :
  • François Avard, Pour de vrai, Libre Expression, Montréal, 2003, p.43
  • Ibid, p.43
  • Ibid, p.89


Site visité pour sa biographie : L'ile, (Info centre littéraire pour les écrivains Québécois) http://www.litterature.org/detailauteur.asp?numero=532, 19/02/2007


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Dernière mise à jour : 06-02-2008 à 00 h 11