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Dimanche le 14 janvier 2007 «Je ne me souviens pas» et je ne m'en inquiète même pas par Marie-Line Audet Depuis quelques années, toutes les universités du Québec offrant un baccalauréat en histoire ont constaté que de moins en moins de gens s'inscrivent dans ce programme. C'est ce qui m'a amené à vouloir vérifier l'intérêt des jeunes envers l'histoire et l'actualité. Je suis entrée en communication avec une professeure de français de la polyvalente Fernand-Lefebvre à Sorel-Tracy. Celle-ci a gentiment accepté de faire remplir, dans deux groupes d'étudiants en secondaire 5, un sondage que j'ai moi-même fait. Le but de cet article est donc de partager avec vous les résultats de ma petite recherche... Bien que ceux-ci donnent une bonne idée de l'intérêt des jeunes pour notre histoire et l'actualité, il faut toutefois prendre note qu'ils proviennent d'un petit échantillon et ne doivent pas être reçus comme étant des résultats absolus. En tout premier lieu, j'ai tenté à l'aide du sondage d'évaluer le niveau d'intérêt que les finissants du secondaire portent à leur histoire. Bien que certains démontraient un réel intérêt envers cette matière, plusieurs ont indiqué que les cours d'histoire au secondaire devraient être optionnels et que de toute façon «ils ne servent à rien». De plus, en les questionnant sur leurs aspirations futures, j'ai constaté que la majorité des filles désirent être professeures et la majorité des gars se voient en administration ou en mécanique. Aussi, tous, ou presque, aspirent à des études universitaires, cependant, seuls trois étudiants s'intéressent aux sciences sociales. Me voilà donc un peu découragée quand je tombe sur le tout dernier sondage qui me remonte le moral : le jeune «trippait» littéralement sur l'histoire et voulait devenir historien. Finalement, je crois que le manque d'intérêt des adolescents envers l'histoire est flagrant et qu'il fait preuve d'un problème de nos sociétés modernes : le désintéressement général envers les sciences humaines à la faveur de la technologie et du capital. D'une autre part, dans la deuxième partie du questionnaire je leurs ai posé des questions sur leurs connaissances historiques. Pour formuler ces questions je me suis référée aux objectifs du ministère de l'éducation relatifs aux cours d'histoire des secondaires 2 et 4. Là encore, je fut bien déçue. En fait, après avoir fixé la note de passage à 50%, j'ai comptabilisé que 51% des jeunes avaient atteint ce minimum. Une chose est surprenante : bien qu'il n'y aie pas de différence entre les garçons et les filles au niveau de l'intérêt porté à l'histoire, il semblerait que les jeunes hommes aient retenus plus de connaissances de leurs cours que les filles. En fait, 81% des gars ont obtenu la note de passage comparativement à 33% chez les filles. De plus, suite à la lecture des réponses données aux questions, je ne savais pas s'il fallait rire ou pleurer. Ainsi, j'ai appris que : Jules César était un «gars avec une couronne de feuilles» ou «une formule magique pour ouvrir les portes (César/Sésame)», qu'on a appelé les autochtones d'ici des «indiens» parce qu'«ils venaient de l'Inde», et que l'expression «tous les chemins mènent à Rome» provient du fait que «avant il y avait une seule route et qu'elle menait à Rome». J'ai du constater aussi que les Patriotes de la guerre de l'indépendance des États-Unis ont davantage marqué les jeunes que les Patriotes québécois. Et, finalement, on m'a déclaré que la Révolution tranquille fut nommée ainsi «car après la crise d'octobre tous les gens étaient plus sages et plus tranquilles» ou encore «parce que après la grande noirceur c'est devenu tranquille». Quant à elle, la troisième et dernière partie du questionnaire portait sur des questions sur l'actualité (l'actualité de l'automne 2004). Ce fut, en un mot : désastreux. La moyenne des résultat est 3,4/10 et aucun jeune n'a répondu à toutes les questions qui m'apparaissaient trop simples. Ici aussi j'ai du lire des grossièretés... Ainsi, Paul Martin était le premier ministre du Québec, la mondialisation est mise en place «pour aider les gens pauvres ou en difficultés» et ALENA veut dire«Alcool LSD Ecstasy Nymphomane Anonyme». Une chose m'a particulièrement frappé : à la question «Qui représente le Québec auprès du gouvernement fédéral à Ottawa?» j'ai obtenu autant de Gilles Duceppe que de Mario Dumont!!! Par conséquent, il est évident que les jeunes ne portent pas plus d'attention à l'actualité qu'à l'histoire. En conséquence, je trouve que les résultats de mon enquête reflètent une situation alarmante : le dénigrement de l'importance de l'histoire. Ceci est en fait un problème de société et le gouvernement provincial n'est pas sans faire perpétuer l'impasse en dirigeant les fonds financiers dans toute autre direction que dans la visibilité ou le développement des sciences sociales et en retranchant des manuels d'histoire une grande partie de notre passé commun. Peut-être que, pour une fois, nous pourrions imiter nos voisins du sud, qui eux, s'acharnent à faire la promotion, par des films ou autres, de leur culture et de leur passé. Toutefois, je suis heureuse d'apprendre que, cette année, le nombre d'inscriptions en sciences humaines a fortement augmenté dans toutes les universités du Québec. Sans pouvoir expliquer pourquoi, je crois que tous les événements mondiaux, la guerre en Irak, le terrorisme, etc., qui secouent tous et chacun, éveillent les consciences et favorisent la réflexion sur l'humanité. |
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